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Méthodologie : neuf sources, neuf mailles, neuf millésimes.

Comment Mitoyens assemble ses données, ce que les chiffres veulent dire et ce qu’ils ne disent pas, y compris ce que la norme rend acceptable sans le dire. Chaque source est présentée séparément ; le seul score composite affiché est l’indice combiné publié par Rigal & Perrot, identifié comme tel. Pour chacune : ce qu’elle mesure, à quelle échelle, jusqu’à quand, et la question à laquelle elle ne répond pas.

Ce que ces données disent

  • Les ventes déclarées par les distributeurs du département et les achats rattachés au code postal de l’acheteur.
  • Les cultures déclarées au RPG 2025, parcelle par parcelle, et les parcelles recensées par Cartobio 2025.
  • Ce qui a été mesuré dans l’eau du robinet et les cours d’eau.
  • Un indice d’exposition modélisé, situé par rapport à la moyenne française.

Ce qu’elles ne disent pas

  • Ce qui a été épandu sur un champ précis, un jour précis : aucun registre d’épandage géolocalisé n’existe en France.
  • La dangerosité d’une substance : un tonnage classe des volumes, pas des risques.
  • Votre exposition personnelle, qui dépend d’où et comment vous vivez.
Source
RPG — IGN / ASPparcelles déclarées PAC
Maille
parcelle
Millésime
2025
Ne répond pas à
les traitements réellement effectués sur la parcelle
Source
Cartobio — Agence Biostatut bio et conversion
Maille
parcelle
Millésime
2025
Ne répond pas à
les pratiques d’une parcelle absente de la base ; une conversion est comptée comme bio
Source
SISE-Eaux — DGScontrôle sanitaire du robinet
Maille
unité de distribution
Millésime
2025
Ne répond pas à
l’exposition aux épandages ; l’eau est analysée après traitement
Source
Naïades — agences de l’eaurelevés en rivière
Maille
station
Millésime
2019-2023
Ne répond pas à
la situation d’une adresse ; la station peut être à plusieurs kilomètres
Source
BNVD — Eaufrance / OFBventes et achats déclarés
Maille
département, code postal
Millésime
2024
Ne répond pas à
l’épandage réel ; un code postal couvre plusieurs communes
Source
Rigal & Perrot — UMR TETIS, FRBindice combiné : air, eaux de surface, traitement estimé
Maille
zone d’1 km²
Millésime
2013-2022
Ne répond pas à
une concentration mesurée ; 183 substances seulement, glyphosate exclu
Source
OpenFoodTox — EFSAseuils toxicologiques
Maille
substance
Millésime
3.0
Ne répond pas à
le risque à une dose réellement reçue
Source
PhytAtmo — Atmo Francepesticides mesurés dans l’air
Maille
station de mesure
Millésime
v07-2025
Ne répond pas à
l’air à une adresse précise ; les stations sont rares et non permanentes
Source
Adonis — Solagrousage modélisé (IFT)
Maille
commune
Millésime
catalogue
Ne répond pas à
ce qui a été épandu sur une parcelle : l’IFT est un modèle communal

Sources

Les neuf sources du tableau ci-dessus, avec leur maille et leur millésime, ne jouent pas le même rôle. Toutes sont publiques, assemblées au build et servies statiquement.

Six produisent le verdict et les chiffres clés d’une fiche :

  • Rigal (UMR TETIS) & Perrot (FRB) — indice publié dans Scientific Data, 2025, l’exposition modélisée qui porte le verdict, la jauge et la carte (indice combiné).
  • IGN / ASP — Registre Parcellaire Graphique (RPG) 2025, les parcelles agricoles et leurs cultures.
  • Agence Bio — Cartobio 2025, les parcelles certifiées en agriculture biologique (statuts AB / C1 / C2 / C3).
  • DGS — SISE-Eaux, le contrôle sanitaire de l’eau du robinet (eau du robinet).
  • Agences de l’eau — Naïades, les relevés de la station de rivière la plus proche (mesures dans l’eau).
  • Eaufrance / OFB — Banque Nationale des Ventes de produits phytopharmaceutiques par les Distributeurs agréés (BNVD), millésime 2024, pour les achats par code postal et les ventes par département.

Trois les accompagnent, sans produire de chiffre du verdict :

Hors de ce tableau, un jeu ne fournit aucun tonnage, seulement des attributs de produit : SDES — « Achats de produits phytosanitaires estimés à l’échelle de la commune », millésime 2024, publié le 22 juillet 2026 sous Licence Ouverte (Etalab). Ce jeu répartit la BNV-D du code postal de l’acheteur vers la commune, au prorata de la surface agricole : cette redistribution est un modèle, et nous n’en reprenons pas un kilogramme. Nous n’y lisons que trois colonnes qui décrivent le produit lui-même, invariantes par territoire : s’il est utilisable en agriculture biologique, s’il relève du biocontrôle, et sa catégorie de danger. Les tonnages affichés sur ce site restent ceux de la BNV-D, agrégés par nos soins.

Fonds de carte : sur la carte d’une commune, les parcelles RPG 2025 sont peintes par famille de cultures, avec les mêmes couleurs de la vue d’ensemble au détail de chaque parcelle. La carte « Autour de moi » les colorise avec la couche raster WMTS de la Géoplateforme IGN (LANDUSE.AGRICULTURE2025). Les routes, cours d’eau, bâtiments et noms de lieux viennent d’OpenStreetMap (© contributeurs OpenStreetMap, ODbL), découpés en tuiles vectorielles avec les outils libres Protomaps et servis par Mitoyens. Le relief, affiché seulement sur demande, est l’estompage de la BD ALTI de l’IGN.

La position des écoles vient de l’Annuaire de l’Éducation nationale (écoles et champs à proximité). Elle localise, sans rien mesurer.

Licences des sources

Chaque source garde la licence de son producteur. Le tableau donne celle qui est affichée sur la page de référence du jeu, relue le 10 octobre 2026. Les conditions auxquelles Mitoyens rediffuse ses propres calculs sont décrites dans les mentions légales.

Source
Rigal & Perrot — Dryad
Licence
CC0 1.0
Référence
Dryad
Source
RPG — IGN / ASP
Licence
Licence Ouverte (Etalab)
Référence
cartes.gouv.fr
Source
ADMIN-EXPRESS — IGN
Licence
Licence Ouverte 2.0 (Etalab)
Référence
data.gouv.fr
Source
Cartobio — Agence Bio
Licence
Licence Ouverte 2.0 (Etalab)
Référence
data.gouv.fr
Source
BNV-D — OFB / Eaufrance
Licence
Licence Ouverte 2.0 (Etalab)
Référence
data.gouv.fr
Source
SISE-Eaux — ministère de la Santé
Licence
Licence Ouverte 2.0 (Etalab)
Référence
data.gouv.fr
Source
Naïades (diagnostic territorial Ecophyto) — SIE
Licence
Licence Ouverte 2.0 (Etalab)
Référence
data.gouv.fr
Source
Achats estimés à la commune — SDES
Licence
Licence Ouverte 1.0 (Etalab)
Référence
data.gouv.fr
Source
E-Phy — Anses
Licence
Licence Ouverte 1.0 (Etalab)
Référence
data.gouv.fr
Source
Pestibase — Observatoire de l’environnement en Bretagne
Licence
Licence Ouverte 2.0 (Etalab)
Référence
data.gouv.fr
Source
Hub’Eau — Eaufrance
Licence
Licence Ouverte (Etalab)
Source
Base officielle des codes postaux — La Poste
Licence
Licence Ouverte 2.0 (Etalab)
Référence
data.gouv.fr
Source
Annuaire de l’éducation — ministère de l’Éducation nationale
Licence
Licence Ouverte 2.0 (Etalab)
Source
OpenStreetMap
Licence
ODbL 1.0
Source
PhytAtmo — Atmo France
Licence
ODbL
Référence
data.gouv.fr
Source
OpenFoodTox — EFSA
Licence
CC BY-ND 4.0
Référence
Zenodo
Source
Liste des perturbateurs endocriniens — EFSA
Licence
réutilisation autorisée avec mention de la source
Référence
efsa.europa.eu
Source
EU Pesticides Database — Commission européenne
Licence
CC BY 4.0
Source
Enquêtes Pratiques culturales — Agreste
Licence
réutilisation avec mention de la source, sans modification
Source
Adonis — Solagro
Licence
CC BY-NC-SA 4.0, données non redistribuées
Référence
solagro.org

Dates de mise à jour

Chaque jeu de données a son propre cycle de publication. Une mise à jour nécessite un rebuild complet du site.

  • BNVD : millésime 2024, arrêté au 31 décembre 2024. Publié par l’OFB sur data.eaufrance.fr. Fréquence officielle : annuelle (données N−1 publiées en fin d’année N).
  • SDES : achats estimés à la commune, millésime 2024, publié le 22 juillet 2026. Seuls ses attributs de produit sont repris (utilisable en bio, biocontrôle, catégorie de danger). Fréquence : annuelle, au rythme des millésimes de la BNV-D dont il dérive.
  • RPG IGN v4 : millésime 2025-01-01. Registre Parcellaire Graphique complet (parcelles agricoles, cultures, surfaces). Fréquence : annuelle.
  • CartoBio : millésime 2025. Parcelles certifiées en agriculture biologique, publiées par l’Agence Bio. Fréquence : annuelle, mise à jour par campagne de contrôle.
  • Indice Rigal & Perrot : édition 2025 (données 2013-2022), publié en accès ouvert sur Dryad (CC0). La prochaine version dépend d’une nouvelle publication scientifique.
  • SISE-Eaux : millésime 2025, contrôle sanitaire de l’eau distribuée (Ministère de la Santé / DGS). Fréquence : mensuelle pour l’année en cours. Une année déjà publiée est reconsolidée plusieurs mois plus tard sous une nouvelle ressource ; nous servons la version consolidée, pas l’année en cours.
  • E-Phy : catalogue des produits autorisés (ANSES), instantané du 1er septembre 2026. Fréquence : quotidienne. C’est la source qui définit ce que cette page appelle « autorisé », donc la plus mouvante de toutes.
  • Naïades : mesures en cours d’eau, données 2019-2023, via le diagnostic territorial Ecophyto 2030 du Système d’Information sur l’Eau. Fréquence : au rythme des publications du diagnostic.
  • OpenFoodTox 3.0 (EFSA) : propriétés toxicologiques et écotoxicologiques. Fréquence : par version, sans calendrier annoncé.
  • Liste des perturbateurs endocriniens (EFSA) : version du 6 novembre 2025. Fréquence annoncée : environ tous les six mois.
  • ADMIN-EXPRESS-COG-CARTO (IGN) : contours communaux, millésime du 1er janvier 2026. Fréquence : annuelle.

Limites BNVD

BNVD 2024 · ventes arrêtées au 31 décembre 2024 · maille : département pour les ventes, code postal pour les achats

La BNVD recense des ventes de substances actives, déclarées par les distributeurs dans les deux cas, et rattachées soit au département du vendeur, soit au code postal de l’acheteur. Ce n’est ni l’usage réel sur les parcelles, ni la quantité épandue à un endroit donné. Conséquence directe : le total département et la somme des codes postaux d’un même département ne sont pas censés s’égaler, d’autant que la vue code postal écarte les achats déclarés à l’étranger et le code postal sentinelle 00000. Certaines quantités ne sont par ailleurs pas publiées, pour secret statistique : un total affiché est donc un minimum connu.

Perturbateurs endocriniens

EFSA — liste ED, version du 6 novembre 2025 · périmètre : substances évaluées au titre du règlement 2018/605

L’indicateur « Perturbateurs endocriniens » sur les fiches département et code postal somme les ventes BNVD 2024 des substances actives classées « endocrine disruptor » (ED) avéré par l’EFSA, sur au moins un axe (santé humaine ou organismes non-cibles), selon les critères du Règlement (UE) 2018/605 modifiant l’Annexe II du Règlement (CE) 1107/2009.

La liste source est le fichier « Overview of the ED assessment of pesticide active substances » publié par l’EFSA, version du 6 novembre 2025. Sur les 143 substances évaluées à ce jour, 21 portent un verdict ED avéré, dont 18 sur une évaluation finalisée ; 12 de ces 18 apparaissent dans les ventes BNVD France 2024 et représentent environ 2 % du volume total (≈ 1 550 tonnes/an).

Limite : la liste EFSA évolue tous les ~6 mois. Une substance n’est comptée que si son évaluation est finalisée : celles encore au statut « Ongoing », comme celles renvoyées à des essais complémentaires (« Additional testing »), restent hors du compte. Une mise à jour manuelle de la liste est prévue à chaque parution d’un nouveau rapport.

Propriétés des substances actives

OpenFoodTox 3.0 (EFSA) · périmètre : substances actives prioritaires

Au-delà de leur tonnage vendu (BNVD) et de leur statut de perturbateur endocrinien (EFSA), chaque substance active est caractérisée par des valeurs réglementaires de référence et des seuils de toxicité écotoxicologique. Mitoyens enrichit les fiches BNVD avec ces valeurs, issues d' EFSA OpenFoodTox 3.0 (avril 2026, licence CC BY-ND 4.0). OpenFoodTox consolide les évaluations scientifiques EFSA de 7 880 substances chimiques. 184 des 219 substances de notre liste prioritaire BNVD y sont présentes (84 %).

Toxicité humaine

L'ADI (Acceptable Daily Intake, en français DJA, dose journalière admissible) est une valeur de référence : la quantité qu’on estime pouvoir ingérer chaque jour toute sa vie, exprimée en mg/kg de poids corporel. Elle est fixée avec des facteurs d’incertitude qui ménagent une marge de sécurité, mais elle ne trace pas une frontière nette entre sûr et dangereux. Les mentions « Dose tolérée basse » (moins de 0,05) et « très basse » (moins de 0,01) reposent sur des seuils fixés par Mitoyens. L'ARfD (Acute Reference Dose) est la dose ponctuelle qu’on peut absorber en 24 h sans effet aigu. L'AOEL/AAOEL concerne les opérateurs agricoles (chronique et aiguë). Plus la valeur est basse, plus la substance est jugée dangereuse. Couverture : ADI pour 137 substances, ARfD pour 91.

Top 5 — ADI la plus stricte (mg/kg pc/jour)
  1. 01Tembotrione4,0e-4 mg/kg pc/jour
  2. 02Sulcotrione4,0e-4 mg/kg pc/jour
  3. 03Abamectin0,0012 mg/kg pc/jour
  4. 04Lambda-Cyhalothrin0,0025 mg/kg pc/jour
  5. 05Cyhalofop-butyl0,0030 mg/kg pc/jour
Top 5 — ARfD la plus stricte (mg/kg pc)
  1. 01Tefluthrin0,0050 mg/kg pc
  2. 02Lambda-Cyhalothrin0,0050 mg/kg pc
  3. 03Terbuthylazine0,0080 mg/kg pc
  4. 04Deltamethrin (cis-deltamethrin)0,010 mg/kg pc
  5. 05Fluazifop-P-butyl0,017 mg/kg pc

Toxicité pour les abeilles

L’EFSA publie trois mesures : DL50 orale aiguë (dose tuant 50 % des abeilles testées par ingestion), DL50 contact aiguë (par contact cutané), et DL50 chronique orale (exposition répétée). Unité standard : µg/abeille. Plus la dose létale est basse, plus la substance est toxique. Couverture DL50 orale : 114 substances ; DL50 contact : 110.

Top 5 — DL50 orale aiguë la plus basse (µg/abeille)
  1. 01Abamectin0,0040 µg/abeille
  2. 02Etofenprox0,024 µg/abeille
  3. 03Spinosad0,057 µg/abeille
  4. 04Cyantraniliprole0,11 µg/abeille
  5. 05Aluminium phosphide0,24 µg/abeille

Concentrations d’effet sur la vie du sol

Les invertébrés du sol (vers de terre, collemboles, acariens du sol) sont les indicateurs réglementaires de la « vie du sol » qui assure la fertilité et la dégradation de la matière organique. L’EFSA publie des concentrations d’effet long terme en mg de substance par kg de sol sec. Nous retenons la plus basse publiée, quel qu’en soit le type (NOEC, mais aussi EC10, EC20 ou EC50). Ces types mélangés ne se comparent pas entre eux, et une valeur de danger seule ne dit rien du risque sans la concentration réellement présente dans le sol : nous n’en tirons donc aucune mention sur les substances. Couverture faible : 27 substances seulement. OpenFoodTox 3.0 ne couvre pas cet endpoint pour la majorité des pesticides agricoles : la donnée numérique existe dans les dossiers IUCLID 6 sous-jacents, mais n’est pas dans l’export consolidé.

Top 5 — concentration d’effet long terme la plus basse (mg/kg de sol sec)
  1. 01Flufenacet0,36 mg/kg de sol sec
  2. 02Ethephon0,56 mg/kg de sol sec
  3. 03Mepiquat chloride1,44 mg/kg de sol sec
  4. 04Rimsulfuron1,98 mg/kg de sol sec
  5. 05Tritosulfuron5,00 mg/kg de sol sec

Mobilité dans l’environnement

Deux propriétés physico-chimiques aident à comprendre comment une substance se déplace après épandage. La pression de vapeur (en Pascals) indique la propension à se volatiliser : plus elle est élevée, plus la substance dérive dans l’air après pulvérisation. La solubilité dans l’eau indique le potentiel de lessivage vers les nappes et cours d’eau : plus elle est élevée, plus la substance migre. Les unités sont celles du dossier d’origine et ne sont pas converties (Pa ou kPa ; g/L, mg/L ou µg/L). Couverture : pression de vapeur pour 135 substances ; solubilité eau pour 139.

Limites et choix de valeurs

Lorsque plusieurs études existent pour un même couple substance × endpoint, Mitoyens retient la valeur la plus protectrice (ADI la plus basse, DL50 abeille la plus faible). C’est un choix conservateur : l’utilisateur final voit le seuil le plus exigeant. Les valeurs avec unité ambiguë (codes « other » sans précision dans OpenFoodTox) sont écartées au moment de l’extraction.

Citation à utiliser : Benfenati, E. et al. (2026). Further development and update of EFSA’s Chemical Hazards database: OpenFoodTox 3.0. EFSA Supporting Publications. DOI : 10.2903/sp.efsa.2026.EN-10099. Licence CC BY-ND 4.0 : partage autorisé avec attribution, sans diffusion d’une version modifiée. Données extraites de la version du 2026-04 le 2026-05-26.

Limites bio

Cartobio 2025 · RPG 2025 · maille : parcelle

Cartobio ne couvre que les parcelles déclarées par des exploitants engagés dans la certification, et le RPG BIO que les parcelles que l’exploitant a déclarées bio à la PAC. Une parcelle non bio peut être en conversion non déclarée, en agriculture raisonnée, ou simplement pas encore renseignée. L’absence d’une parcelle bio sur la carte ne dit rien de ses pratiques réelles.

Une parcelle en conversion est comptée comme bio. Cartobio distingue les parcelles certifiées des trois années de conversion (C1, C2, C3), mais nous ne faisons pas la différence : en métropole, environ 9 % des parcelles Cartobio sont en conversion (111 566 sur 1 232 528). Le RPG BIO ne précise pas ce statut. Le cahier des charges bio s’y applique dès le premier jour de la conversion, mais une parcelle en première année a pu être traitée l’année précédente, avant son engagement. Une carte du bio est donc une carte des engagements, pas une garantie sur l’historique du sol.

Dédup Cartobio / RPG BIO

Cartobio 2025 · RPG 2025 · maille : parcelle

Les parcelles bio apparaissent dans deux sources qui se recouvrent en partie : Cartobio, alimenté par les organismes certificateurs, et le sous-ensemble BIO du RPG, issu des déclarations PAC. Le recouvrement est traité différemment selon qu’il s’agit de la carte ou des chiffres.

Sur la carte, Cartobio fait référence. Les hachures d’une parcelle déclarée bio au RPG sont retirées quand l’ensemble des polygones Cartobio qui la touchent couvre au moins 70 % de sa surface, pour ne pas dessiner deux fois le même champ : deux parcelles Cartobio qui en couvrent chacune 40 %, sans se chevaucher, suffisent. En métropole, environ 48 000 parcelles sur les 1,11 million déclarées bio à la PAC gardent ainsi leurs propres hachures. La fiche d’une parcelle indique toujours si elle est déclarée bio au RPG, même quand ses hachures ont été retirées.

Les chiffres comptent les deux sources réunies, sans ce tri. Une parcelle RPG compte comme bio si elle est déclarée bio au RPG, ou si Cartobio en couvre une partie. Sa surface bio est la parcelle entière dans le premier cas, la partie couverte par Cartobio dans le second, toujours limitée au territoire. Deux polygones Cartobio qui se chevauchent ne sont comptés qu’une fois. Les moyennes du département et de la France sont calculées de la même façon.

Les chiffres partent des parcelles du RPG. Une parcelle Cartobio qu’aucune déclaration PAC ne recouvre apparaît sur la carte, mais n’entre ni dans le nombre de parcelles bio ni dans leur surface : rapportée aux surfaces du RPG, elle fausserait la part bio.

Indice d’exposition combiné

Rigal & Perrot, édition 2025 — données 2013-2022 · maille native : zone d’1 km²

La home et certaines fiches s’appuient sur l’indice d’exposition combiné publié par Rigal & Perrot (2025), dans Scientific Data (Nature, vol. 12, art. 512). Cet indice croise les ventes BNVD avec des mesures terrain dans l’air et dans les eaux de surface sur la période 2013-2022. Rigal & Perrot publient plusieurs granularités ; nous consommons la grille 1 × 1 km, moyennée sur les dix ans, sur les substances actives classées dangereuses.

Périmètre : 183 substances, pas toutes. L’indice ne retient qu’un panel de 183 substances réglementées, pour lesquelles des données étaient disponibles sur 2013-2022 (99 suivies dans l’air, 145 dans les eaux de surface). Une approche volontairement conservatrice. Des herbicides très répandus comme le glyphosate n’y figurent pas : un indice faible ne signifie donc pas l’absence de pesticides, mais l’absence de ce panel-là. Le glyphosate, lui, est comptabilisé dans les tonnages BNVD.

Ce que « CMR » recouvre exactement. Le nombre 175 désigne les substances actives intégrées à la composante d’intensité de traitement estimée (eTII), et non 175 substances toutes classées CMR. Le critère de sélection est le périmètre de la redevance pour pollutions diffuses, qui depuis 2019 englobe aussi la toxicité aiguë pour la santé et les organes cibles, et la toxicité aquatique, aiguë comme chronique. Le panel est donc en partie écotoxicologique : lire « 175 substances CMR » durcirait la portée sanitaire de l’indice au-delà de ce que sa construction et l’article scientifique autorisent.

Le jeu de données est publié en accès ouvert sur Dryad (CC0 1.0, domaine public). Ce que ça change par rapport à BNVD seul : on ne lit plus uniquement « ce qui s’est vendu chez le distributeur », mais une estimation de pression pesticide validée par des relevés environnementaux. Le caveat historique « ventes ≠ usage » de la BNVD s’en trouve atténué, sans disparaître.

Agrégation au département. Pour la home, la grille 1×1 km publiée par Rigal & Perrot est intersectée avec les contours départementaux (france-geojson, données IGN sous-jacentes, reprojetés en EPSG:2154 Lambert-93). On calcule pour chaque département une moyenne d’exposition où chaque zone qui touche le polygone compte au prorata de sa surface d’intersection (SUM(expo × area) / SUM(area)). La population n’entre pas dans la pondération : l’indice mesure une pression environnementale, pas un risque sanitaire individuel. Le résultat alimente le classement des départements les plus exposés.

Agrégation au code postal. Depuis mai 2026, la même méthodologie est appliquée à l’échelle code postal (≈ 6 000 CPs métropolitains). Les polygones de CP sont obtenus en fusionnant les communes ADMIN-EXPRESS rattachées au CP dans la base hexasmal de La Poste, puis rangés en 5 quintiles, calibrés sur la distribution des codes postaux et non sur les seuils départementaux : un CP et un département de même quintile ne portent donc pas la même valeur d’indice. Les codes postaux que la grille R&P couvre sur moins de 5 km² (typiquement les arrondissements de Paris, Lyon, Marseille) basculent sur la valeur du département, avec mention explicite sur la fiche commune. Les DROM ne sont pas couverts par Rigal & Perrot ; la fiche affiche alors « Indice Rigal & Perrot non couvert outre-mer ».

Exposition combinée (grille 1 × 1 km)

Rigal & Perrot, édition 2025 — données 2013-2022 · maille : zone d’1 km², métropole seule

La page Autour de moi et les fiches commune / département affichent un indice d’exposition estimé, dérivé de la grille de 1 × 1 km du même jeu de données Rigal & Perrot 2025. Chaque page moyenne les zones d’1 km² de son territoire (le disque choisi autour de vous, la commune, le département) plutôt que d’exposer une zone isolée. La choroplèthe départementale ci-dessus repose sur le même indice, agrégé une fois pour toutes au département.

Comment c’est calculé. Pour chaque substance suivie par les AASQA (≈ 100 molécules en France métropolitaine, à partir de 2013), Rigal & Perrot ont réalisé un krigeage de la concentration atmosphérique avec comme covariable l’intensité d’usage agricole (BNVD × RPG). Le modèle interpole la concentration sur une grille de 1 × 1 km couvrant la France métropolitaine (548 472 cellules). Le krigeage ne concerne que cette composante air. L’indice combiné est ensuite la somme de trois cartes : cette concentration atmosphérique, la concentration dans les eaux de surface, et une intensité de traitement agricole estimée (eTII), calculée à partir des quantités vendues rapportées à l’efficacité et à la surface agricole. L’eTII est une estimation issue des ventes, pas une mesure chimique du sol. La population n’entre pas dans le calcul.

Ce que vaut le chiffre brut. Chaque carte est ramenée à une échelle commune en la divisant par le double de son maximum observé : chaque couche est bornée à environ 0,5, et non à 1. La somme des trois est donc bornée à 1,5 par construction, et cette borne est effectivement atteinte. Un indice affiché de 1,24 n’est donc pas « au-dessus du maximum » : c’est une valeur haute d’une échelle qui monte à 1,5. Nous classons de toute façon en percentiles et en quintiles, car le rang est plus lisible que la valeur absolue.

Jusqu’où les auteurs recommandent la lecture. Ils recommandent de ne pas utiliser leurs données à une maille plus fine que la commune (16 km² en moyenne) ou le bassin versant (89 km²), soit une résolution de 4 à 9 km. Les pages commune et département respectent cette borne. La page « autour de moi » aussi : elle n’affiche pas la cellule où vous vous trouvez, mais une moyenne sur un disque de 2 ou 5 km, soit 13 ou 79 zones d’1 km², c’est-à-dire 12,6 et 78,5 km², à l’échelle d’une commune et d’un bassin versant.

Aucune surface du site ne descend sous cette borne, ni en chiffres, ni en couleur. Une couleur accompagnée d’une échelle est une lecture, même sans nombre : la carte d’« autour de moi » ne teinte donc pas la grille. Elle montre les parcelles agricoles (raster RPG de l’IGN), les parcelles bio, votre position et des anneaux de distance : de la géométrie exacte à la parcelle. Les cartes commune, département et métropole colorent une commune entière ou un département entier, jamais une zone isolée. Même à l’échelle d’une zone d’1 km², le chiffre reste une estimation à cette échelle, sans valeur propre pour une adresse.

Substances dominantes. Sous l’indice, « autour de moi » liste les substances les plus présentes dans l’air modélisé, cumulées sur le rayon choisi, pour 2022. Leur classe de danger (CMR : cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) est affichée en badge, elle ne sert plus à filtrer la liste. La colonne de classification de la BNV-D 2024 marque une substance CMR sans dire de quelle catégorie : le badge n’en annonce donc aucune. Les noms sont ceux publiés par Rigal & Perrot, en graphie internationale (Prosulfocarb, Pendimethalin).

Percentile. Le percentile (« plus exposée que N % du territoire ») compare l’indice affiché à la distribution nationale complète, via une LUT 101-buckets précalculée sur les 548 396 zones qui portent une valeur (76 zones de la grille sont sans donnée). Un percentile p64 signifie : 64 % des zones françaises ont un indice inférieur.

Deux classements selon l’échelle. Dans tous les cas, l’indice est d’abord moyenné sur le territoire, chaque zone d’1 km² comptant au prorata de sa surface. Pour une commune, un disque « autour de moi » ou les communes d’une métropole, cette moyenne est ensuite placée parmi toutes les zones d’1 km² de France métropolitaine : c’est le percentile, puis le quintile (80e percentile et plus pour le quintile 1). Pour un département ou un code postal, la moyenne est classée parmi les territoires de même échelle (96 départements, environ 6 000 codes postaux), puis répartie en cinq groupes de même effectif. Les deux classements ne comparent pas la même chose. Une commune viticole peut ainsi être au 85e percentile, donc au quintile 1, alors que son département, qui mêle vignes, forêts et villes, n’est qu’au quintile 3 parmi les départements.

Source de la classification CMR : registre BNVD 2024(Eaufrance). Source de l’indice combiné, dont la composante air krigée : Rigal & Perrot, Dryad doi:10.5061/dryad.g4f4qrg0p (CC0).

Carte communale Adonis

L’association Solagro maintient depuis plusieurs années Adonis, une carte communale d’usage modélisé des pesticides à partir de l’IFT (Indice de Fréquence de Traitement). Sa méthodologie croise BNVD × RPG × enquêtes pratiques culturales × données Agence Bio pour reconstituer l’effort de traitement moyen par commune et par type de culture. La mise à jour 2024 couvre désormais les DROM.

Différences avec Mitoyens : Adonis modélise un usage (IFT), alors que la home Mitoyens rend l’exposition combinée Rigal & Perrot (air, eaux de surface et intensité de traitement estimée à partir des ventes). Les deux lectures sont complémentaires : consultez Adonis si vous cherchez une estimation par type de culture sur votre commune. Le dataset Adonis n’est pas redistribué ici (licence CC BY-NC-SA, accès sur demande auprès de Solagro).

Validation croisée : nous avons recoupé l’indice Rigal & Perrot avec les valeurs Adonis 2020-2022, agrégées au département et pondérées par la surface agricole utile (SAU) communale. La corrélation est forte et stable d’une année sur l’autre : Spearman ρ ≈ 0,86 (les 95 départements métropolitains appariés, Corse comprise, Paris exclu faute de SAU, IFT total). Ce chiffre est le nôtre, et il dépend de la maille : agréger au département lisse le bruit et remonte mécaniquement la corrélation. L’article, lui, publie ρ = 0,78 sur la grille 1 km, 0,83 par petite région agricole et 0,92 pour l’eTII seul contre l’IFT. Nos 0,86 ne contredisent donc pas leurs valeurs : les échelles d’agrégation diffèrent. Les plus grands écarts de rang concernent des départements viticoles, qu’Adonis classe bien plus haut que Rigal & Perrot (Gironde 1re contre 48e, Vaucluse 6e contre 46e, Hérault 13e contre 44e). Nous n’en avons pas isolé la cause. Une partie vient sans doute de notre agrégation : l’IFT est pondéré par la SAU, alors que l’indice Rigal & Perrot est moyenné sur toute la surface du département, forêts comprises.

Solagro

Source : Carte Adonis des pesticides, Solagro, 2024.

  • Consulter la carte interactive Adonis sur solagro.org
  • Solagro (2024). Méthodologie de calcul de l’indicateur de fréquence de traitement phytosanitaire par commune, version du 4 novembre 2024.
  • Solagro (2024). Carte Adonis présentant par commune l’usage des pesticides au travers de l’indice de fréquence de traitement (IFT) — Évolutions 2020-2022, 4 novembre 2024.

Mesures atmosphériques (PhytAtmo)

L’indice Rigal & Perrot est un modèle. Pour vérifier qu’il corrèle avec la réalité atmosphérique mesurée, nous l’avons confronté à PhytAtmo, la base nationale des concentrations de pesticides dans l’air ambiant maintenue par Atmo France et les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA). La version utilisée (juillet 2025, mise à jour 2025-12-19) cumule 994 257 mesures, majoritairement sur une fenêtre de 7 jours, sur 182 communes pour 349 substances, entre 2002 et 2023.

Méthodologie du recoupement : filtrage sur la période 2020-2022 pour matcher l’analyse R&P, pré-agrégation Python (XLSX → CSV par INSEE × substance), puis agrégation au département de la concentration moyenne par échantillon (Σ ng/m³ ÷ Σ échantillons). Jointure inner avec l’indice R&P sur le code département, calcul Pearson r et Spearman ρ.

Résultat principal : sur 36 départements appariés (47 sites AASQA cumulés), Spearman ρ = 0,64 et r = 0,61. Convergence partielle, plus modérée que la validation Adonis (ρ ≈ 0,86). C’est attendu, car ce que mesure PhytAtmo (concentration au temps t, fenêtre de 7 jours) et ce que pondère R&P (toxicité × volume vendu × surface annuelle) ne sont pas le même objet physique. Que la corrélation pointe néanmoins dans la même direction est en soi un signal.

Ce recoupement n’est pas une validation indépendante. La couche air de Rigal & Perrot est elle-même krigée sur les mesures du réseau AASQA, celui-là même qui alimente PhytAtmo. Les deux objets partagent donc une partie de leur matière première : ce que le ρ mesure, c’est la fidélité du modèle à ses propres intrants. C’est un contrôle de cohérence interne. La seule validation contre une source réellement indépendante publiée par les auteurs est celle contre les IFT Adonis.

Confrontation R&P × PhytAtmo · 36 départementsPearson r = 0.61 · Spearman ρ = 0.64
Exposition Rigal & Perrot × concentration moyenne mesurée (PhytAtmo)0.100.200.300.400.500.040.080.120.160.20Indice R&P (exposition moyenne · sans unité)PhytAtmo · ng/m³ moyen par échantillon1017515976

Top 5 départements R&P en couleur pleine ; régression linéaire en pointillés. Voir le rapport spike pour les détails par substance.

Biais à garder en tête : les sites AASQA ne sont pas uniformément distribués sur le territoire. Ils ciblent zones urbaines, périurbaines et certains hotspots agricoles (vignobles, vergers céréaliers). Le Massif central, la Lozère et la Creuse sont sous-représentés. Une corrélation imparfaite reflète donc autant un défaut d’échantillonnage qu’une divergence de modèle. Par ailleurs, le glyphosate est absent du panel AASQA standard (substance polaire, peu volatile, non détectable avec les protocoles AASQA standard) : ce n’est pas un biais du spike mais une limite intrinsèque de la mesure atmosphérique des herbicides systémiques.

Lecture substance par substance : les corrélations les plus fortes s’observent pour les molécules à panel de mesure large et à dispersion atmosphérique documentée :

SubstanceSpearman ρPearson rDétections / échantillons
Prosulfocarbe0,570,581 033 / 2 797
Diflufenicanil0,560,63457 / 2 796
Pendimethaline0,510,352 106 / 2 796
Triallate0,470,461 257 / 2 797
Propyzamide0,430,44642 / 2 796
Chlorothalonil0,430,35248 / 2 797

Le regard « Air » des pages département

Les pages département reprennent PhytAtmo pour elle-même, sans la mêler à l’indice. Le regard « Air » n’apparaît que pour un département qui héberge une station mesurée au moins 8 mois sur l’une des trois dernières années publiées (31 départements pour 2022-2024). Seules ces années sont affichées, station par station, la plus récente en premier. Le soufre et le cuivre sont écartés : ils ne sont analysés que sur quelques sites viticoles et domineraient tous les profils.

Les emplacements proviennent des coordonnées Lambert-93 publiées dans le fichier PhytAtmo, converties en latitude et longitude pour les liens vers OpenStreetMap. Les coordonnées absentes ou hors du domaine géographique attendu ne sont pas utilisées. Un même lieu déclaré peut regrouper plusieurs emplacements : ils sont alors signalés séparément, avec leurs années de mesure, tandis que les graphiques conservent le regroupement du lieu. Les dates indiquent le début du premier prélèvement et la fin du dernier parmi les prélèvements retenus pour chaque année ; elles ne signifient pas une surveillance continue. Si une date de fin manque, la fin de période reste non renseignée. Ces mesures décrivent leurs emplacements, pas toute la commune ou le département.

Les comptes par substance portent sur les prélèvements où elle a été recherchée, identifiés par le lieu, les coordonnées et les dates de début et de fin. Le signalement « sous la limite de détection » n’est pas compté comme une détection ; « sous la limite de quantification » est compté comme une détection, sans quantification précise, même si la valeur numérique publiée vaut zéro. Les prélèvements quantifiés sont aussi comptés comme détectés. Les lignes répétées d’un même prélèvement pour une substance ne sont comptées qu’une fois. Les tableaux affichent les dénominateurs par substance et année, sans assimiler une substance non recherchée à une absence dans l’air.

Télécharger la base PhytAtmo transformée par Mitoyens (JSON), sous licence ODbL. Pour retrouver les suivis disponibles, consultez les mesures dans l’air par département.

Chaque mois est représenté par sa part du mois le plus chargé de l’année, sur une échelle propre à chaque année. Le tableau « Voir les concentrations mesurées » donne les valeurs en ng/m³ : la somme des concentrations par date de début, moyennée sur les dates du mois, sans pondération par la durée. Plusieurs prélèvements peuvent commencer à la même date, à des emplacements différents : leurs concentrations sont alors additionnées. Les nombres indiqués dans les frises et ce tableau comptent les dates de début distinctes ; les comptes de recherche et de détection par substance comptent les prélèvements distincts. Les jours couverts correspondent à l’union des périodes retenues, limitée à chaque mois civil. Ces valeurs ne constituent pas une évaluation du risque sanitaire. Un mois ressort nettement quand il atteint trois fois la médiane des mois mesurés de l’année. Les substances listées sont celles qui pèsent le plus dans le total mesuré à la station ; leur rang dans les ventes du département vient de la BNVD. Les usages agricoles affichés sont ceux connus pour chaque substance : ils ne désignent ni la culture ni la parcelle à l’origine de ce qui est mesuré. Les valeurs numériques publiées par le producteur sont conservées dans les calculs, y compris celles signalées sous la limite de quantification. Ces dernières ne sont pas des concentrations quantifiées avec exactitude. Sous chaque frise, un mois qui ressort est rattaché à la substance qui y pèse au moins la moitié de ce qui est mesuré, ou aux deux premières si ensemble elles en pèsent au moins 60 % ; sinon, la page dit qu’aucune ne domine. La page signale aussi les substances les plus vendues que la station ne recherche pas la dernière année mesurée, pour qu’une absence de mesure ne passe pas pour une absence dans l’air. L’air capte mieux les substances volatiles (le prosulfocarbe) que les autres : ce profil n’est pas le calendrier des traitements. Données réutilisées sous licence ODbL.

Mesures dans l’eau (Naïades)

À côté de l’indice modélisé, on affiche ce qu’on mesure réellement dans les cours d’eau. Source : Naïades, le réseau de surveillance des eaux de surface (agences de l’eau), via le diagnostic territorial de la stratégie Ecophyto 2030 publié par le Système d’Information sur l’Eau, agrégé par station × substance × année, sous Licence Ouverte 2.0. Le jeu porte sur 2019-2023 et nous agrégeons toutes ses lignes, dont un résidu antérieur à 2019.

Pour chaque commune, on rattache la station de mesure la plus proche, à moins de 10 km du centre (92,5 % des communes métropolitaines sont couvertes ; au-delà, la fiche commune indique l’absence de station). On affiche le nombre de substances suivies, le nombre d’analyses sur la période, combien ont dépassé leur seuil réglementaire (Norme de Qualité Environnementale) et leurs classes de danger : CMR et toxicité aquatique portées par le diagnostic, perturbation endocrinienne rapportée depuis les critères EFSA. Pour les dépassements, la méthode stricte de l’OFB (agrément) sert d’indicateur principal ; la méthode souple est donnée en complément, explicitement nommée.

Validation croisée : au niveau départemental, le taux de dépassement de seuil, calculé ici sur la méthode souple, corrèle avec l’indice Rigal & Perrot à Spearman ρ ≈ 0,63 (Pearson r ≈ 0,67, 96 départements). Convergence partielle : la mesure dans l’eau n’est donc pas un doublon du modèle. Même réserve que pour PhytAtmo : les données Naïades sont l’intrant de la couche « eaux de surface » de l’indice. Ce recoupement mesure donc la cohérence du modèle avec sa propre matière première.

Eau du robinet (contrôle sanitaire SISE-Eaux)

SISE-Eaux 2025 · maille : unité de distribution, rattachée à la commune

Distincte de la mesure dans les cours d’eau, cette couche porte sur l’eau distribuée au robinet, après traitement. Source : le contrôle sanitaire de l’eau potable (SISE-Eaux), diffusé par le Ministère de la Santé / Direction générale de la santé, sous Licence Ouverte 2.0. Ce sont des bulletins d’analyses par commune et par année (millésime 2025).

On ne retient que les pesticides et leurs métabolites, c’est-à-dire les paramètres qui appartiennent aux listes phytosanitaires SANDRE du contrôle sanitaire, sont exprimés en µg/L, et portent la limite réglementaire pesticide de l’eau potable. C’est cette limite, et non le numéro CAS, qui fait d’une analyse une analyse de pesticide : une même molécule peut être mesurée sous deux panels différents. L’anthraquinone est ainsi analysée soit au titre du contrôle pesticide, avec sa limite de 0,1 µg/L, soit au titre des hydrocarbures aromatiques polycycliques, sans limite, où elle est un produit de combustion. Retenir la seconde reviendrait à attribuer à l’agriculture une mesure qui ne lui doit rien. Conséquence assumée : dans les neuf départements où l’anthraquinone n’est analysée que sous le panel HAP, elle n’apparaît pas ici. Une exception à la règle, documentée : un métabolite classé « non pertinent » n’a pas de limite de qualité mais une valeur de gestion, donc la limite ne peut pas le voir. C’est le cas de l’AMPA, métabolite du glyphosate, reclassé par l’ANSES et basculé sous le code AMPANP ; il est retenu explicitement. Les analyses étant faites au point de production et non dans chaque commune desservie, on rattache à la commune les réseaux nommés dans ses relevés et leur réseau de production directement en amont (cdreseauamont, un seul saut et non toute la chaîne, sans quoi une commune simplement distribuée afficherait à tort « rien détecté » et les réseaux interconnectés fusionneraient. La source affichée est la station de production (nomreseauamont). Les graphes départementaux sont ensuite consolidés nationalement par code INSEE : une commune alimentée depuis plusieurs départements ne figure qu’une fois et réunit les analyses de tous ses réseaux connus. Un dépassement se lit seuil par paramètre (0,1 µg/L par substance, 0,03 pour les organochlorés, 0,5 pour le total des pesticides), jamais 0,1 uniformément.

Un « dépassement » signifie ici qu’un résultat d’analyse franchit sa limite de qualité renseignée pour son paramètre. Le compteur porte donc sur des résultats, pas sur des substances distinctes. Une limite de qualité est un indicateur réglementaire de qualité, pas à elle seule un seuil de risque sanitaire ; les mesures de gestion dépendent ensuite de la substance, de la concentration et des valeurs sanitaires disponibles.

Trois états sont distingués sans jamais confondre l’absence de donnée avec une eau saine : pas de relevé, échantillonné sans détection, et détections (avec le nombre de résultats d’analyse dépassant leur propre limite). En complément, on relie chaque substance à l’historique des achats de sa molécule mère (Hub’Eau, par CAS) : un métabolite encore présent alors que la molécule n’est plus achetée signe une rémanence : la nappe restitue un usage passé.

Le lien « D’où vient ce maximum ? » présente les prélèvements à l’origine du maximum annuel : date disponible, réseau, résultat et limite portée par l’analyse. Plusieurs prélèvements peuvent partager ce maximum. Sa qualification dépend de leurs propres limites ; elle est distincte du signalement d’un dépassement ailleurs dans l’année. Une date ou un détail indisponible reste signalé comme tel. Ce maximum historique ne décrit pas la qualité de l’eau aujourd’hui.

À ne pas confondre : l’eau du robinet est traitée avant distribution. C’est un complément au récit, pas une mesure de l’exposition aux épandages autour de chez soi, et elle n’entre jamais dans le calcul de l’indice Rigal & Perrot.

Écoles & champs à proximité

Pour chaque école d’une commune, on liste les parcelles agricoles les plus proches (distance, direction, culture), dans un rayon de 500 m. Périmètre : écoles maternelles, élémentaires et primaires de France métropolitaine.

  • Établissements : Annuaire de l’Éducation nationale (open data). La position est reprise d’OpenStreetMap (bâtiment ou point taggé école) pour 88 % des écoles : 62 % par appariement de nom, 26 % par simple proximité à moins de 120 m. Sinon l’adresse de l’Annuaire est conservée. Les écoles géocodées au seul niveau communal restent recherchables, mais leurs métriques de proximité ne sont pas affichées, sauf quand OpenStreetMap fournit un bâtiment portant leur nom.
  • Cultures : Registre Parcellaire Graphique (RPG 2025, IGN). La distance et les cultures sont calculées depuis la position retenue de l’école. Les parcelles déclarées en agriculture biologique au RPG portent un repère bio.

La recherche accepte le nom d’une école, sa commune ou son code postal. Le type et la commune distinguent les résultats ; en cas d’homonymie persistante, l’adresse officielle disponible ou l’identifiant public UAI permet de préciser le choix. Le lien partagé retrouve cette école dans sa fiche communale. Le corpus ne couvre pas les collèges ni les lycées. Une école absente des résultats n’est pas nécessairement fermée : elle peut être hors de ce périmètre ou absente des données publiées.

Ce que ça ne dit pas : le RPG recense l’occupation du sol déclarée à la PAC, pas les traitements. Une culture proche n’est donc pas une preuve d’épandage ni d’exposition : c’est un contexte factuel.

Traitements par culture

E-Phy, instantané du 1er septembre 2026 · BNVD 2024 · IFT Agreste 2021 et 2024 · maille : département

À partir des cultures dominantes d’une commune, on cherche à donner un contexte d’autorisations, de ventes et d’intensité moyenne, sans jamais prétendre savoir ce qui est épandu sur une parcelle précise. C’est une inférence statistique contextuelle, pas une mesure : aucun registre public centralisé ne permet de consulter les traitements parcelle par parcelle à cette échelle.

Le profil croise trois sources publiques, chacune à son échelle :

  • Substances autorisées : catalogue E-Phy de l’Anses (table des usages autorisés). Pour une culture donnée, la liste des substances qui ont le droit d’y être employées au niveau national. Large par nature : on ne l’affiche jamais seule, car autorisé ne veut pas dire épandu.
  • Ventes déclarées : BNVD, rattachées au département où le distributeur est établi. On retient l’intersection : les substances à la fois autorisées sur la culture et vendues par des distributeurs du département, classées par tonnage. Cette vue ne dit ni où se trouve l’acheteur, ni où les produits ont été épandus.
  • Intensité : IFT moyen par culture publié par Agreste, à l’échelle la plus fine dont le rattachement est prouvé (bassin viticole, département d’outre-mer, sinon national), traduit par Mitoyens en un palier éditorial : faible (IFT < 3), modéré (3 à 9), intense (≥ 9). Ces seuils ne sont pas des catégories Agreste. Jamais le chiffre brut.

Deux enquêtes Agreste fournissent ces références, chacune pour ses cultures. Les grandes cultures relèvent de l’enquête Pratiques culturales en grandes cultures 2021 (Chiffres et données n° 2024-7, parue le 24 avril 2024, mise à jour le 2 septembre 2025) : France métropolitaine, IFT total y compris le traitement des semences. La vigne et les fruits relèvent de l’enquête Pratiques culturales en arboriculture et viticulture 2024 (Chiffres et données n° 2026-7, version révisée du 17 juillet 2026) : IFT total de la campagne, biocontrôle compris. La vigne reçoit la référence du raisin de cuve ; la cerise, la pêche, la prune et l’olive reçoivent celle de leur espèce, hors DROM. La banane n’a de palier qu’en Guadeloupe et en Martinique, les agrumes qu’en Guyane : ce sont les seuls territoires enquêtés pour ces fruits. La canne à sucre reçoit l’IFT total 2021 publié pour son département : Guadeloupe 1,6, Martinique 2,5, La Réunion 3,0. À cette échelle, l’enquête ne publie que le total : la canne n’a donc pas de fonction dominante, et aucune composante nationale ne lui est substituée. La Guyane et Mayotte sont hors du champ de l’enquête pour la canne, leurs communes restent sans palier. La valeur réunionnaise tombe exactement sur le seuil du palier modéré : un dixième de moins la ferait basculer en faible, et l’arrondi de la publication ne permet pas de trancher.

Échelle de la référence. Quand une enquête publie une valeur plus fine que le national, c’est elle qui est retenue, à condition que le rattachement du département au territoire concerné repose sur une source. La référence la plus large ne sert qu’à défaut. Les valeurs de deux échelles ne sont jamais moyennées ni mélangées : une culture reçoit une référence publiée, ou aucune. La note sous les cultures dominantes nomme chaque territoire utilisé, pour qu’un palier de bassin ne passe pas pour un palier national.

L’enquête arbo-viti 2024 publie l’IFT du raisin de cuve par bassin viticole, de 7,3 dans les Pyrénées-Orientales à 26,2 en Champagne, contre 14,9 pour l’ensemble des 21 bassins. Elle ne publie pas la composition de ces bassins. Le rattachement d’un département à un bassin est donc construit en croisant deux sources : la composition départementale publiée par l’enquête viticulture 2019 (Chiffres et données n° 2023-15) et l’annexe du code rural qui délimite les bassins de production viticole (arrêté du 15 juin 2006), sur lesquels l’enquête 2024 déclare s’être alignée. Seuls les départements dont tout le vignoble tombe dans un même bassin selon ces deux sources reçoivent la valeur de ce bassin, soit 26 départements. Tous les autres gardent la référence nationale de 14,9 : ceux dont le vignoble est partagé entre deux bassins (Gard, Drôme, Ardèche, Rhône, Saône-et-Loire, Isère, Loire, Dordogne, Lot-et-Garonne, Deux-Sèvres), ceux dont la répartition entre Provence-Méditerranée et la vallée du Rhône n’est pas documentée (Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse), et ceux dont le bassin d’appartenance n’est pas établi. Le détail ligne par ligne, sources à l’appui, est publié dans le relevé du 16 septembre 2026 versé au dépôt du site.

Restent sans palier, faute de référence publiée qui leur corresponde : les « autres vergers » du RPG, qui mélangent plusieurs espèces (pommes et abricots n’y ont pas de code propre), la poire, les fruits à coque, les petits fruits, les prairies et toute culture hors de ces enquêtes. Une commune d’outre-mer ne reçoit jamais une référence établie pour la métropole. Les valeurs sont reprises telles que publiées, selon les conditions générales de réutilisation d’Agreste ; les paliers sont un calcul de Mitoyens.

La jointure entre E-Phy et la BNVD se fait par identité de substance normalisée (nom mis à plat, sels et formulations retirés) ou par le numéro CAS résolu depuis la table des substances actives d’E-Phy ; le nom, l’étiquette et le tonnage affichés restent ceux de la BNVD. Quand deux cultures d’un même département ont exactement les mêmes substances en tête, une seule fiche est affichée, celle de plus grande surface : les autres ne sont pas listées, qu’il s’agisse de cultures proches (blé de printemps, épeautre) ou distinctes (triticale, orge).

Répartition dans le site : la fiche commune n’affiche que les cultures dominantes et leur palier d’intensité (un attribut de la culture, qui varie d’une commune à l’autre par le mélange cultural) ; le détail des substances vit sur la page département, à sa maille naturelle. Les noms de substances ne remontent jamais dans les fiches d’écoles : nommer un produit « à côté d’une école » serait un raccourci accusatoire que la donnée ne permet pas.

Pages par substance

Douze substances ont une page à elles, à l’adresse /pesticide/<nom>. Elle répond à l’inverse de la fiche commune : où cette substance est achetée, dans quelles communes elle est retrouvée au robinet, quelles stations la recherchent dans l’air.

Le critère de sélection est la fréquence d’affichage, pas le tonnage ni un jugement de dangerosité : sont retenues les substances qu’un lecteur voit le plus souvent dans le palmarès d’achats de sa commune. Mesuré sur les 5 909 codes postaux de la BNVD, les trois premières couvrent 79,4 % des codes postaux en première position, les dix premières 87,5 %. Passer de dix à vingt pages n’ajoute que 3,7 points : la courbe est plate, et la longue traîne produirait du contenu mince.

La liste retenue : glyphosate, prosulfocarbe, soufre, pendiméthaline, diméthénamide-P, chlortoluron, aclonifen, prothioconazole, propyzamide, flufénacet, cuivre du sulfate de cuivre, lindane, captane. Le lindane n’y figure pas pour ses achats (il est interdit depuis 1998), mais parce qu’il reste l’une des molécules les plus fréquemment détectées dans l’air. Le captane dispose d’une fiche documentée pour approfondir le cas présenté dans le suivi de la réforme Omnibus.

Une substance hors de cette liste n’a pas de page, et son nom reste du texte simple là où il s’affiche. Aucune fiche minimale n’est générée pour rendre un nom cliquable. Dans un même palmarès, certains noms sont donc des liens et d’autres non : c’est le signe qu’il y a quelque chose à lire, pas une erreur d’affichage. Une page n’est publiée que lorsque son texte est écrit et sourcé.

Le rattachement entre une page et les données territoriales se fait par numéro CAS, jamais par nom : les libellés changent d’un référentiel à l’autre, et lier sur une ressemblance enverrait vers la mauvaise molécule. Chaque grandeur affichée nomme sa base et son millésime à l’endroit où elle est affichée. Une grandeur dont la donnée n’existe pas est omise plutôt que remplacée par zéro, et une substance que le contrôle sanitaire ou la surveillance de l’air ne recherche pas le dit explicitement : « aucune détection » et « personne ne cherche » ne veulent pas dire la même chose.

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Remerciements

Ce projet n’existerait pas sans le travail de fond, mené depuis des années, des équipes de Générations Futures sur les pesticides et de Géophyto sur la cartographie des usages. Merci également aux contributeurs des données ouvertes IGN, Agence Bio et Eaufrance, qui rendent ce genre de croisement possible.