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À propos des données

Méthodologie.

Comment Mitoyens assemble ses données, ce que les chiffres veulent dire, et ce qu’ils ne disent pas — c’est-à-dire ce que la norme rend acceptable sans le dire.

Ce que ces données disent

  • Les ventes déclarées par les distributeurs du département et les achats rattachés au code postal de l’acheteur.
  • Les cultures déclarées au RPG 2024, parcelle par parcelle, et les parcelles recensées par Cartobio 2025.
  • Ce qui a été mesuré dans l’eau du robinet et les cours d’eau.
  • Un indice d’exposition modélisé, situé par rapport à la moyenne française.

Ce qu’elles ne disent pas

  • Ce qui a été épandu sur un champ précis, un jour précis : aucun registre d’épandage géolocalisé n’existe en France.
  • La dangerosité d’une substance : un tonnage classe des volumes, pas des risques.
  • Votre exposition personnelle, qui dépend d’où et comment vous vivez.

01

Sources

Trois jeux de données publiques, assemblés au build et servis statiquement :

  • IGN — Registre Parcellaire Graphique (RPG) pour les parcelles agricoles, fond cartographique WMTS.
  • Agence Bio — Cartobio, parcelles certifiées en agriculture biologique (statuts AB / C1 / C2 / C3).
  • Eaufrance — Banque Nationale des Ventes de produits phytopharmaceutiques par les Distributeurs agréés (BNVD), millésime 2024.

Un quatrième jeu ne fournit aucun tonnage, seulement des attributs de produit : SDES — « Achats de produits phytosanitaires estimés à l’échelle de la commune », millésime 2024, publié le 22 juillet 2026 sous Licence Ouverte 2.0 (Etalab). Ce jeu répartit la BNV-D du code postal de l’acheteur vers la commune, au prorata de la surface agricole : cette redistribution est un modèle, et nous n’en reprenons pas un kilogramme. Nous n’y lisons que trois colonnes qui décrivent le produit lui-même, invariantes par territoire : s’il est utilisable en agriculture biologique, s’il relève du biocontrôle, et sa catégorie de danger. Les tonnages affichés sur ce site restent ceux de la BNV-D, agrégés par nos soins.

Fonds de carte : couche raster WMTS de la Géoplateforme IGN (LANDUSE.AGRICULTURE2024, qui colorise les parcelles RPG 2024) et fond de base OpenStreetMap (© contributeurs OpenStreetMap, ODbL).

D’autres jeux servent à qualifier, valider ou confronter ces trois-là. Chacun est détaillé dans la section qui l’emploie :

02

Dates de mise à jour

Chaque jeu de données a son propre cycle de publication. Une mise à jour nécessite un rebuild complet du site.

  • BNVD — millésime 2024, arrêté au 31 décembre 2024. Publié par l’OFB sur data.eaufrance.fr. Fréquence officielle : annuelle (données N−1 publiées en fin d’année N).
  • SDES — achats estimés à la commune, millésime 2024, publié le 22 juillet 2026. Seuls ses attributs de produit sont repris (utilisable en bio, biocontrôle, catégorie de danger). Fréquence : annuelle, au rythme des millésimes de la BNV-D dont il dérive.
  • RPG IGN v3 — millésime 2024-01-01. Registre Parcellaire Graphique complet (parcelles agricoles, cultures, surfaces). Fréquence : annuelle.
  • CartoBio — millésime 2025. Parcelles certifiées en agriculture biologique, publiées par l’Agence Bio. Fréquence : annuelle, mise à jour par campagne de contrôle.
  • Indice Rigal & Perrot — édition 2025 (données 2013-2022), publié en accès ouvert sur Dryad (CC0). La prochaine version dépend d’une nouvelle publication scientifique.
  • SISE-Eaux — millésime 2025, contrôle sanitaire de l’eau distribuée (Ministère de la Santé / DGS). Fréquence : mensuelle pour l’année en cours. Une année déjà publiée est reconsolidée plusieurs mois plus tard sous une nouvelle ressource ; nous servons la version consolidée, pas l’année en cours.
  • E-Phy — catalogue des produits autorisés (ANSES), instantané du 1er septembre 2026. Fréquence : quotidienne. C’est la source qui définit ce que cette page appelle « autorisé », donc la plus mouvante de toutes.
  • Naïades — mesures en cours d’eau, données 2019-2023, via le diagnostic territorial Ecophyto 2030 du Système d’Information sur l’Eau. Fréquence : au rythme des publications du diagnostic.
  • OpenFoodTox 3.0 (EFSA) — propriétés toxicologiques et écotoxicologiques. Fréquence : par version, sans calendrier annoncé.
  • Liste des perturbateurs endocriniens (EFSA) — version du 6 novembre 2025. Fréquence annoncée : environ tous les six mois.
  • ADMIN-EXPRESS-COG-CARTO (IGN) — contours communaux, millésime du 1er janvier 2026. Fréquence : annuelle.

03

Limites BNVD

BNVD 2024 · ventes arrêtées au 31 décembre 2024 · maille : département pour les ventes, code postal pour les achats

La BNVD recense des ventes de substances actives, déclarées par les distributeurs dans les deux cas, et rattachées soit au département du vendeur, soit au code postal de l’acheteur. Ce n’est ni l’usage réel sur les parcelles, ni la quantité épandue à un endroit donné. Conséquence directe : le total département et la somme des codes postaux d’un même département ne sont pas censés s’égaler, d’autant que la vue code postal écarte les achats déclarés à l’étranger et le code postal sentinelle 00000. Certaines quantités ne sont par ailleurs pas publiées, pour secret statistique : un total affiché est un minimum connu, pas un total.

04

Perturbateurs endocriniens

EFSA — liste ED, version du 6 novembre 2025 · périmètre : substances évaluées au titre du règlement 2018/605

L’indicateur « Perturbateurs endocriniens » sur les fiches département et code postal somme les ventes BNVD 2024 des substances actives classées « endocrine disruptor » (ED) avéré par l’EFSA, sur au moins un axe (santé humaine ou organismes non-cibles), selon les critères du Règlement (UE) 2018/605 modifiant l’Annexe II du Règlement (CE) 1107/2009.

La liste source est le fichier « Overview of the ED assessment of pesticide active substances » publié par l’EFSA, version du 6 novembre 2025. Sur les 143 substances évaluées à ce jour, 21 portent un verdict ED avéré, dont 18 sur une évaluation finalisée ; 12 de ces 18 apparaissent dans les ventes BNVD France 2024 et représentent environ 2 % du volume total (≈ 1 550 tonnes/an).

Limite : la liste EFSA évolue tous les ~6 mois. Une substance n’est comptée que si son évaluation est finalisée : celles encore au statut « Ongoing », comme celles renvoyées à des essais complémentaires (« Additional testing »), restent hors du compte. Une mise à jour manuelle de la liste est prévue à chaque parution d’un nouveau rapport.

05

Propriétés des substances actives

OpenFoodTox 3.0 (EFSA) · périmètre : substances actives prioritaires

Au-delà de leur tonnage vendu (BNVD) et de leur statut de perturbateur endocrinien (EFSA), chaque substance active est caractérisée par des valeurs réglementaires de référence et des seuils de toxicité écotoxicologique. Mitoyens enrichit les fiches BNVD avec ces valeurs, issues d' EFSA OpenFoodTox 3.0 (avril 2026, licence CC-BY 4.0). OpenFoodTox consolide les évaluations scientifiques EFSA de 7 880 substances chimiques. 184 des 219 substances de notre liste prioritaire BNVD y sont présentes (84 %).

Toxicité humaine

L'ADI (Acceptable Daily Intake) est la dose journalière qu’un humain peut ingérer toute sa vie sans risque, exprimée en mg/kg de poids corporel. L'ARfD (Acute Reference Dose) est la dose ponctuelle qu’on peut absorber en 24 h sans effet aigu. L'AOEL/AAOEL concerne les opérateurs agricoles (chronique et aiguë). Plus la valeur est basse, plus la substance est jugée dangereuse. Couverture : ADI pour 137 substances, ARfD pour 91.

Top 5 — ADI la plus stricte (mg/kg pc/jour)
  1. 01Tembotrione4,0e-4 mg/kg pc/jour
  2. 02Sulcotrione4,0e-4 mg/kg pc/jour
  3. 03Abamectin0,0012 mg/kg pc/jour
  4. 04Lambda-Cyhalothrin0,0025 mg/kg pc/jour
  5. 05Cyhalofop-butyl0,0030 mg/kg pc/jour
Top 5 — ARfD la plus stricte (mg/kg pc)
  1. 01Tefluthrin0,0050 mg/kg pc
  2. 02Lambda-Cyhalothrin0,0050 mg/kg pc
  3. 03Terbuthylazine0,0080 mg/kg pc
  4. 04Deltamethrin (cis-deltamethrin)0,010 mg/kg pc
  5. 05Fluazifop-P-butyl0,017 mg/kg pc

Toxicité pour les abeilles

L’EFSA publie trois mesures : DL50 orale aiguë (dose tuant 50 % des abeilles testées par ingestion), DL50 contact aiguë (par contact cutané), et DL50 chronique orale (exposition répétée). Unité standard : µg/abeille. Plus la dose létale est basse, plus la substance est toxique. Couverture DL50 orale : 114 substances ; DL50 contact : 110.

Top 5 — DL50 orale aiguë la plus basse (µg/abeille)
  1. 01Abamectin0,0040 µg/abeille
  2. 02Etofenprox0,024 µg/abeille
  3. 03Spinosad0,057 µg/abeille
  4. 04Cyantraniliprole0,11 µg/abeille
  5. 05Aluminium phosphide0,24 µg/abeille

Toxicité pour la vie du sol

Les invertébrés du sol (vers de terre, collemboles, acariens du sol) sont les indicateurs réglementaires de la « vie du sol » qui assure la fertilité et la dégradation de la matière organique. L’EFSA publie des concentrations d’effet long terme en mg de substance par kg de sol sec. Nous retenons la plus basse publiée, quel qu’en soit le type (NOEC, mais aussi EC10, EC20 ou EC50). Couverture faible : 27 substances seulement. OpenFoodTox 3.0 ne couvre pas cet endpoint pour la majorité des pesticides agricoles — la donnée numérique existe dans les dossiers IUCLID 6 sous-jacents, mais n’est pas dans l’export consolidé.

Top 5 — concentration d’effet long terme la plus basse (mg/kg de sol sec)
  1. 01Flufenacet0,36 mg/kg de sol sec
  2. 02Ethephon0,56 mg/kg de sol sec
  3. 03Mepiquat chloride1,44 mg/kg de sol sec
  4. 04Rimsulfuron1,98 mg/kg de sol sec
  5. 05Tritosulfuron5,00 mg/kg de sol sec

Mobilité dans l’environnement

Deux propriétés physico-chimiques aident à comprendre comment une substance se déplace après épandage. La pression de vapeur (en Pascals) indique la propension à se volatiliser — plus elle est élevée, plus la substance dérive dans l’air après pulvérisation. La solubilité dans l’eau indique le potentiel de lessivage vers les nappes et cours d’eau — plus elle est élevée, plus la substance migre. Les unités sont celles du dossier d’origine et ne sont pas converties (Pa ou kPa ; g/L, mg/L ou µg/L). Couverture : pression de vapeur pour 135 substances ; solubilité eau pour 139.

Limites et choix de valeurs

Lorsque plusieurs études existent pour un même couple substance × endpoint, Mitoyens retient la valeur la plus protectrice (ADI la plus basse, DL50 abeille la plus faible). C’est un choix conservateur : l’utilisateur final voit le seuil le plus exigeant. Les valeurs avec unité ambiguë (codes « other » sans précision dans OpenFoodTox) sont écartées au moment de l’extraction.

Citation à utiliser : Benfenati, E. et al. (2026). Further development and update of EFSA’s Chemical Hazards database: OpenFoodTox 3.0. EFSA Supporting Publications. DOI : 10.2903/sp.efsa.2026.EN-10099. Licence CC-BY 4.0 — redistribution autorisée avec attribution. Données extraites de la version du 2026-04 le 2026-05-26.

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Limites bio

Cartobio 2025 · RPG 2024 · maille : parcelle

Cartobio ne couvre que les parcelles déclarées par des exploitants engagés dans la certification. Une parcelle non bio peut être en conversion non déclarée, en agriculture raisonnée, ou simplement pas encore renseignée. L’absence d’une parcelle bio sur la carte ne dit rien de ses pratiques réelles.

Une parcelle en conversion est comptée comme bio. Cartobio distingue les parcelles certifiées des trois années de conversion (C1, C2, C3), mais nous ne faisons pas la différence : en métropole, environ 9 % des parcelles affichées en bio sont en conversion (111 566 sur 1 232 528). Le cahier des charges bio s’y applique dès le premier jour de la conversion, mais une parcelle en première année a pu être traitée l’année précédente, avant son engagement. Une carte du bio est donc une carte des engagements, pas une garantie sur l’historique du sol.

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Dédup Cartobio / RPG BIO

Cartobio 2025 · RPG 2024 · maille : parcelle

Les parcelles bio apparaissent dans deux sources qui se recouvrent en partie : Cartobio, alimenté par les organismes certificateurs, et le sous-ensemble BIO du RPG, issu des déclarations PAC. Le recouvrement est traité différemment selon qu’il s’agit de la carte ou des chiffres.

Sur la carte, Cartobio fait référence et la couche RPG BIO est soustraite : une parcelle du RPG qu’un polygone Cartobio recouvre à plus de 70 % de sa surface est retirée avant la fabrication des tuiles. Il ne reste donc du RPG que ce que Cartobio ne couvre pas, soit environ 133 000 parcelles sur les 1,12 million déclarées bio à la PAC, et 405 000 hectares qui s’ajoutent aux 2,9 millions de Cartobio.

Dans les compteurs de commune et de département, le recouvrement est traité géométriquement. La surface bio est l’union, parcelle RPG par parcelle RPG, de l’intersection entre la parcelle, Cartobio et le territoire. Deux polygones Cartobio qui se chevauchent ne sont donc comptés qu’une fois, et les pourcentages affichés ne double-comptent pas.

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Indice d’exposition combiné

Rigal & Perrot, édition 2025 — données 2013-2022 · maille native : zone d’1 km²

La home et certaines fiches s’appuient sur l’indice d’exposition combiné publié par Rigal & Perrot (2025), dans Scientific Data (Nature, vol. 12, art. 512). Cet indice croise les ventes BNVD avec des mesures terrain dans l’air et dans les eaux de surface sur la période 2013-2022. Rigal & Perrot publient plusieurs granularités ; nous consommons la grille 1 × 1 km, moyennée sur les dix ans, sur les substances actives classées dangereuses.

Périmètre : 183 substances, pas toutes. L’indice ne retient qu’un panel de 183 substances réglementées, pour lesquelles des données étaient disponibles sur 2013-2022 — 99 suivies dans l’air, 145 dans les eaux de surface. Une approche volontairement conservatrice. Des herbicides très répandus comme le glyphosate n’y figurent pas : un indice faible ne signifie donc pas l’absence de pesticides, mais l’absence de ce panel-là. Le glyphosate, lui, est comptabilisé dans les tonnages BNVD.

Ce que « CMR » recouvre exactement. Le nombre 175 désigne les substances actives intégrées à la composante d’intensité de traitement des sols (eTII), et non 175 substances toutes classées CMR. Le critère de sélection est le périmètre de la redevance pour pollutions diffuses — qui depuis 2019 englobe aussi la toxicité aiguë pour la santé et les organes cibles, et la toxicité aquatique, aiguë comme chronique. Le panel est donc en partie écotoxicologique : lire « 175 substances CMR » durcirait la portée sanitaire de l’indice au-delà de ce que sa construction et l’article scientifique autorisent.

Le jeu de données est publié en accès ouvert sur Dryad (CC0 1.0, domaine public). Ce que ça change par rapport à BNVD seul : on ne lit plus uniquement « ce qui s’est vendu chez le distributeur », mais une estimation de pression pesticide validée par des relevés environnementaux. Le caveat historique « ventes ≠ usage » de la BNVD s’en trouve atténué — sans disparaître.

Agrégation au département. Pour la home, la grille 1×1 km publiée par Rigal & Perrot est intersectée avec les contours départementaux (france-geojson, données IGN sous-jacentes, reprojetés en EPSG:2154 Lambert-93). On calcule pour chaque département une moyenne d’exposition où chaque zone qui touche le polygone compte au prorata de sa surface d’intersection (SUM(expo × area) / SUM(area)). La population n’entre pas dans la pondération : l’indice mesure une pression environnementale, pas un risque sanitaire individuel. Le résultat alimente le classement des départements les plus exposés.

Agrégation au code postal. Depuis mai 2026, la même méthodologie est appliquée à l’échelle code postal (≈ 6 000 CPs métropolitains). Les polygones de CP sont obtenus en fusionnant les communes ADMIN-EXPRESS rattachées au CP dans la base hexasmal de La Poste, puis rangés en 5 quintiles, calibrés sur la distribution des codes postaux et non sur les seuils départementaux : un CP et un département de même quintile ne portent donc pas la même valeur d’indice. Les codes postaux que la grille R&P couvre sur moins de 5 km² (typiquement les arrondissements de Paris, Lyon, Marseille) basculent sur la valeur du département, avec mention explicite sur la fiche commune. Les DROM ne sont pas couverts par Rigal & Perrot ; la fiche affiche alors « Indice Rigal & Perrot non couvert outre-mer ».

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Exposition combinée (grille 1 × 1 km)

Rigal & Perrot, édition 2025 — données 2013-2022 · maille : zone d’1 km², métropole seule

La page Autour de moi et les fiches commune / département affichent un indice d’exposition estimé, dérivé de la grille de 1 × 1 km du même jeu de données Rigal & Perrot 2025. Chaque page moyenne les zones d’1 km² de son territoire — le disque choisi autour de vous, la commune, le département — plutôt que d’exposer une zone isolée. La choroplèthe départementale ci-dessus repose sur le même indice, agrégé une fois pour toutes au département.

Comment c’est calculé. Pour chaque substance suivie par les AASQA (≈ 100 molécules en France métropolitaine, à partir de 2013), Rigal & Perrot ont réalisé un krigeage de la concentration atmosphérique avec comme covariable l’intensité d’usage des sols (BNVD × RPG). Le modèle interpole la concentration sur une grille de 1 × 1 km couvrant la France métropolitaine (548 472 cellules). L’indice combiné est ensuite la somme de trois cartes : cette concentration atmosphérique, la concentration dans les eaux de surface, et l’intensité de traitement des sols agricoles (eTII — quantités vendues rapportées à l’efficacité et à la surface agricole). La population n’entre pas dans le calcul.

Ce que vaut le chiffre brut. Chaque carte est ramenée à une échelle commune en la divisant par le double de son maximum observé — chaque couche est donc bornée à environ 0,5, et non à 1. La somme des trois est donc bornée à 1,5 par construction, et cette borne est effectivement atteinte. Un indice affiché de 1,24 n’est donc pas « au-dessus du maximum » : c’est une valeur haute d’une échelle qui monte à 1,5. Nous classons de toute façon en percentiles et en quintiles — le rang est plus lisible que la valeur absolue.

Jusqu’où les auteurs recommandent la lecture. Ils recommandent de ne pas utiliser leurs données à une maille plus fine que la commune (16 km² en moyenne) ou le bassin versant (89 km²), soit une résolution de 4 à 9 km. Les pages commune et département respectent cette borne. La page « autour de moi » aussi : elle n’affiche pas la cellule où vous vous trouvez, mais une moyenne sur un disque de 2 ou 5 km — soit 13 ou 79 zones d’1 km², c’est-à-dire 12,6 et 78,5 km², à l’échelle d’une commune et d’un bassin versant.

Aucune surface du site ne descend sous cette borne — ni en chiffres, ni en couleur. Une couleur accompagnée d’une échelle est une lecture, même sans nombre : la carte d’« autour de moi » ne teinte donc pas la grille. Elle montre les parcelles agricoles (raster RPG de l’IGN), les parcelles bio, votre position et des anneaux de distance — de la géométrie, exacte à la parcelle. Les cartes commune, département et métropole colorent une commune entière ou un département entier, jamais une zone isolée.

Substances dominantes. Sous l’indice, « autour de moi » liste les substances les plus présentes dans l’air modélisé, cumulées sur le rayon choisi, pour 2022. Leur classe de danger (CMR — cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) est affichée en badge, elle ne sert plus à filtrer la liste. La colonne de classification de la BNV-D 2024 marque une substance CMR sans dire de quelle catégorie : le badge n’en annonce donc aucune. Les noms sont ceux publiés par Rigal & Perrot, en graphie internationale (Prosulfocarb, Pendimethalin).

Percentile. Le percentile (« plus exposée que N % du territoire ») compare l’indice affiché à la distribution nationale complète, via une LUT 101-buckets précalculée sur les 548 396 zones qui portent une valeur (76 zones de la grille sont sans donnée). Un percentile p64 signifie : 64 % des zones françaises ont un indice inférieur.

Source de la classification CMR : registre BNVD 2024(Eaufrance). Source des concentrations krigées : Rigal & Perrot, Dryad doi:10.5061/dryad.g4f4qrg0p (CC0).

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Carte communale Adonis

L’association Solagro maintient depuis plusieurs années Adonis, une carte communale d’usage modélisé des pesticides à partir de l’IFT (Indice de Fréquence de Traitement). Sa méthodologie croise BNVD × RPG × enquêtes pratiques culturales × données Agence Bio pour reconstituer l’effort de traitement moyen par commune et par type de culture. La mise à jour 2024 couvre désormais les DROM.

Différences avec Mitoyens : Adonis modélise un usage (IFT), alors que la home Mitoyens rend l'exposition combinée Rigal & Perrot (ventes + air + eau). Les deux lectures sont complémentaires — consultez Adonis si vous cherchez une estimation par type de culture sur votre commune. Le dataset Adonis n’est pas redistribué ici (licence CC BY-NC-SA, accès sur demande auprès de Solagro).

Validation croisée : nous avons recoupé l’indice Rigal & Perrot avec les valeurs Adonis 2020-2022, agrégées au département et pondérées par la surface agricole utile (SAU) communale. La corrélation est forte et stable d’une année sur l’autre : Spearman ρ ≈ 0,86 (les 95 départements métropolitains appariés, Corse comprise, Paris exclu faute de SAU, IFT total). Ce chiffre est le nôtre, et il dépend de la maille : agréger au département lisse le bruit et remonte mécaniquement la corrélation. L’article, lui, publie ρ = 0,78 sur la grille 1 km, 0,83 par petite région agricole et 0,92 pour l’eTII seul contre l’IFT — il n’y a donc pas de contradiction entre nos 0,86 et leurs valeurs, seulement des échelles d’agrégation différentes. Les rares divergences se concentrent sur les départements viticoles, où Adonis remonte un IFT élevé (passages nombreux) que Rigal & Perrot pondère par dangerosité — les deux indices sont valides, ils ne mesurent simplement pas la même chose.

Source : Carte Adonis des pesticides, Solagro, 2024.

  • Consulter la carte interactive Adonis sur solagro.org
  • Solagro (2024). Méthodologie de calcul de l’indicateur de fréquence de traitement phytosanitaire par commune, version du 4 novembre 2024.
  • Solagro (2024). Carte Adonis présentant par commune l’usage des pesticides au travers de l’indice de fréquence de traitement (IFT) — Évolutions 2020-2022, 4 novembre 2024.

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Mesures atmosphériques (PhytAtmo)

L’indice Rigal & Perrot est un modèle. Pour vérifier qu’il corrèle avec la réalité atmosphérique mesurée, nous l’avons confronté à PhytAtmo, la base nationale des concentrations de pesticides dans l’air ambiant maintenue par Atmo France et les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA). La version utilisée (juillet 2025, mise à jour 2025-12-19) cumule 994 257 mesures, majoritairement sur une fenêtre de 7 jours, sur 182 communes pour 349 substances, entre 2002 et 2023.

Méthodologie du recoupement : filtrage sur la période 2020-2022 pour matcher l’analyse R&P, pré-agrégation Python (XLSX → CSV par INSEE × substance), puis agrégation au département de la concentration moyenne par échantillon (Σ ng/m³ ÷ Σ échantillons). Jointure inner avec l’indice R&P sur le code département, calcul Pearson r et Spearman ρ.

Résultat principal : sur 36 départements appariés (47 sites AASQA cumulés), Spearman ρ = 0,64 et r = 0,61. Convergence partielle, plus modérée que la validation Adonis (ρ ≈ 0,86) — attendu, car ce que mesure PhytAtmo (concentration au temps t, fenêtre de 7 jours) et ce que pondère R&P (toxicité × volume vendu × surface annuelle) ne sont pas le même objet physique. Que la corrélation pointe néanmoins dans la même direction est en soi un signal.

Ce recoupement n’est pas une validation indépendante. La couche air de Rigal & Perrot est elle-même krigée sur les mesures du réseau AASQA, celui-là même qui alimente PhytAtmo. Les deux objets partagent donc une partie de leur matière première : ce que le ρ mesure, c’est la fidélité du modèle à ses propres intrants, pas sa confrontation à une source extérieure. À lire comme un contrôle de cohérence interne. La seule validation contre une source réellement indépendante publiée par les auteurs est celle contre les IFT Adonis.

Confrontation R&P × PhytAtmo · 36 départementsPearson r = 0.61 · Spearman ρ = 0.64
Exposition Rigal & Perrot × concentration moyenne mesurée (PhytAtmo)0.100.200.300.400.500.040.080.120.160.20Indice R&P (exposition moyenne · sans unité)PhytAtmo · ng/m³ moyen par échantillon1017515976

Top 5 départements R&P en couleur pleine ; régression linéaire en pointillés. Voir le rapport spike pour les détails par substance.

Biais à garder en tête : les sites AASQA ne sont pas uniformément distribués sur le territoire. Ils ciblent zones urbaines, périurbaines et certains hotspots agricoles (vignobles, vergers céréaliers). Le Massif central, la Lozère et la Creuse sont sous-représentés. Une corrélation imparfaite reflète donc autant un défaut d’échantillonnage qu’une divergence de modèle. Par ailleurs, le glyphosate est absent du panel AASQA standard (substance polaire, peu volatile, non détectable avec les protocoles AASQA standard) : ce n’est pas un biais du spike mais une limite intrinsèque de la mesure atmosphérique des herbicides systémiques.

Lecture substance par substance — les corrélations les plus fortes s’observent pour les molécules à panel de mesure large et à dispersion atmosphérique documentée :

SubstanceSpearman ρPearson rDétections / échantillons
Prosulfocarbe0,570,581 033 / 2 797
Diflufenicanil0,560,63457 / 2 796
Pendimethaline0,510,352 106 / 2 796
Triallate0,470,461 257 / 2 797
Propyzamide0,430,44642 / 2 796
Chlorothalonil0,430,35248 / 2 797

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Mesures dans l’eau (Naïades)

À côté de l’indice modélisé, on affiche ce qu’on mesure réellement dans les cours d’eau. Source : Naïades, le réseau de surveillance des eaux de surface (agences de l’eau), via le diagnostic territorial de la stratégie Ecophyto 2030 publié par le Système d’Information sur l’Eau — agrégé par station × substance × année, sous Licence Ouverte 2.0. Le jeu porte sur 2019-2023 et nous agrégeons toutes ses lignes, dont un résidu antérieur à 2019.

Pour chaque commune, on rattache la station de mesure la plus proche, à moins de 10 km du centre (92,5 % des communes métropolitaines sont couvertes ; au-delà, la fiche commune indique l’absence de station). On affiche le nombre de substances suivies, le nombre d’analyses sur la période, combien ont dépassé leur seuil réglementaire (Norme de Qualité Environnementale) — la méthode stricte de l’OFB (agrément) sert d’indicateur principal, la méthode souple étant donnée en complément explicitement nommé — et leurs classes de danger, CMR et toxicité aquatique portées par le diagnostic, perturbation endocrinienne rapportée depuis les critères EFSA.

Validation croisée : au niveau départemental, le taux de dépassement de seuil, calculé ici sur la méthode souple, corrèle avec l’indice Rigal & Perrot à Spearman ρ ≈ 0,63 (Pearson r ≈ 0,67, 96 départements). Convergence partielle — la mesure dans l’eau n’est donc pas un doublon du modèle. Même réserve que pour PhytAtmo : les données Naïades sont l’intrant de la couche « eaux de surface » de l’indice. Ce recoupement mesure la cohérence du modèle avec sa propre matière première, pas une convergence avec une source extérieure.

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Eau du robinet (contrôle sanitaire SISE-Eaux)

SISE-Eaux 2025 · maille : unité de distribution, rattachée à la commune

Distincte de la mesure dans les cours d’eau, cette couche porte sur l’eau distribuée au robinet, après traitement. Source : le contrôle sanitaire de l’eau potable (SISE-Eaux), diffusé par le Ministère de la Santé / Direction générale de la santé, sous Licence Ouverte 2.0 — bulletins d’analyses par commune et par année (millésime 2025).

On ne retient que les pesticides et leurs métabolites, c’est-à-dire les paramètres qui appartiennent aux listes phytosanitaires SANDRE du contrôle sanitaire, sont exprimés en µg/L, et portent la limite réglementaire pesticide de l’eau potable. C’est cette limite, et non le numéro CAS, qui fait d’une analyse une analyse de pesticide : une même molécule peut être mesurée sous deux panels différents. L’anthraquinone est ainsi analysée soit au titre du contrôle pesticide, avec sa limite de 0,1 µg/L, soit au titre des hydrocarbures aromatiques polycycliques, sans limite, où elle est un produit de combustion. Retenir la seconde reviendrait à attribuer à l’agriculture une mesure qui ne lui doit rien. Conséquence assumée : dans les neuf départements où l’anthraquinone n’est analysée que sous le panel HAP, elle n’apparaît pas ici. Une exception à la règle, documentée : un métabolite classé « non pertinent » n’a pas de limite de qualité mais une valeur de gestion, donc la limite ne peut pas le voir. C’est le cas de l’AMPA, métabolite du glyphosate, reclassé par l’ANSES et basculé sous le code AMPANP ; il est retenu explicitement. Les analyses étant faites au point de production, pas dans chaque commune desservie, on rattache à la commune les réseaux nommés dans ses relevés et leur réseau de production directement en amont (cdreseauamont, un seul saut et non toute la chaîne, sans quoi une commune simplement distribuée afficherait à tort « rien détecté » et les réseaux interconnectés fusionneraient. La source affichée est la station de production (nomreseauamont), pas une commune voisine du réseau. Les graphes départementaux sont ensuite consolidés nationalement par code INSEE : une commune alimentée depuis plusieurs départements ne figure qu’une fois et réunit les analyses de tous ses réseaux connus. Un dépassement se lit seuil par paramètre (0,1 µg/L par substance, 0,03 pour les organochlorés, 0,5 pour le total des pesticides), jamais 0,1 uniformément.

Un « dépassement » signifie ici qu’un résultat d’analyse franchit la limite ou valeur de gestion renseignée pour son paramètre. Le compteur porte donc sur des résultats, pas sur des substances distinctes. Une limite de qualité est un indicateur réglementaire de qualité, pas à elle seule un seuil de risque sanitaire ; les mesures de gestion dépendent ensuite de la substance, de la concentration et des valeurs sanitaires disponibles.

Trois états sont distingués sans jamais confondre l’absence de donnée avec une eau saine : pas de relevé, échantillonné sans détection, et détections (avec le nombre de résultats d’analyse dépassant leur propre limite, et non un nombre de substances distinctes). En complément, on relie chaque substance à l’historique des achats de sa molécule mère (Hub’Eau, par CAS) : un métabolite encore présent alors que la molécule n’estplus achetée signe une rémanence — le passé que la nappe restitue, pas un épandage actuel.

À ne pas confondre : l’eau du robinet est traitée avant distribution — c’est un complément au récit, pas une mesure de l’exposition aux épandages autour de chez soi, et elle n’entre jamais dans le calcul de l’indice Rigal & Perrot.

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Écoles & champs à proximité

Pour chaque école d’une commune, on liste les parcelles agricoles les plus proches (distance, direction, culture), dans un rayon de 500 m. Périmètre : écoles primaires (maternelle, élémentaire, primaire) de France métropolitaine.

  • Établissements — Annuaire de l’Éducation nationale (open data). La position est reprise d’OpenStreetMap (bâtiment ou point taggé école) pour 88 % des écoles : 62 % par appariement de nom, 26 % par simple proximité à moins de 120 m. Sinon l’adresse de l’Annuaire est conservée. Les écoles géocodées au seul niveau communal sont écartées, sauf quand OpenStreetMap fournit un bâtiment portant leur nom.
  • Cultures — Registre Parcellaire Graphique (RPG 2024, IGN). La distance et les cultures sont calculées depuis la position retenue de l’école. Les parcelles déclarées en agriculture biologique (RPG_BIO) portent un repère bio.

Ce que ça ne dit pas : le RPG recense l’occupation du sol déclarée à la PAC, pas les traitements. Une culture proche n’est donc pas une preuve d’épandage ni d’exposition — c’est un contexte factuel.

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Traitements par culture

E-Phy, instantané du 1er septembre 2026 · BNVD 2024 · maille : département

À partir des cultures dominantes d’une commune, on cherche à donner un contexte d’autorisations, de ventes et d’intensité moyenne — sans jamais prétendre savoir ce qui est épandu sur une parcelle précise. C’est une inférence statistique contextuelle, pas une mesure : aucun registre public centralisé ne permet de consulter les traitements parcelle par parcelle à cette échelle.

Le profil croise trois sources publiques, chacune à son échelle :

  • Substances autorisées — catalogue E-Phy de l’Anses (table des usages autorisés). Pour une culture donnée, la liste des substances qui ont le droit d’y être employées au niveau national. Large par nature : on ne l’affiche jamais seule, car autorisé ne veut pas dire épandu.
  • Ventes déclaréesBNVD, rattachées au département où le distributeur est établi. On retient l’intersection : les substances à la fois autorisées sur la culture et vendues par des distributeurs du département, classées par tonnage. Cette vue ne dit ni où se trouve l’acheteur, ni où les produits ont été épandus.
  • Intensité — IFT moyen national par culture (Agreste, Pratiques culturales en grandes cultures 2021), traduit par Mitoyens en un palier éditorial : faible (IFT < 3), modéré (3 à 9), intense (≥ 9). Ces seuils ne sont pas des catégories Agreste. Jamais le chiffre brut. Les cultures hors de cette enquête grandes cultures n’ont pas de palier. Les résultats Agreste 2024 pour l’arboriculture et la viticulture, publiés en 2026, ne sont pas encore intégrés.

La jointure entre E-Phy et la BNVD se fait par identité de substance normalisée (nom mis à plat, sels et formulations retirés) ou par le numéro CAS résolu depuis la table des substances actives d’E-Phy ; le nom, l’étiquette et le tonnage affichés restent ceux de la BNVD. Quand deux cultures d’un même département ont exactement les mêmes substances en tête, une seule fiche est affichée, celle de plus grande surface : les autres ne sont pas listées, qu’il s’agisse de cultures proches (blé de printemps, épeautre) ou distinctes (triticale, orge).

Répartition dans le site : la fiche commune n’affiche que les cultures dominantes et leur palier d’intensité (un attribut de la culture, qui varie d’une commune à l’autre par le mélange cultural) ; le détail des substances vit sur la page département, à sa maille naturelle. Les noms de substances ne remontent jamais dans les fiches d’écoles : nommer un produit « à côté d’une école » serait un raccourci accusatoire que la donnée ne permet pas.

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Contact

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Remerciements

Ce projet n’existerait pas sans le travail de fond, mené depuis des années, des équipes de Générations Futures sur les pesticides et de Géophyto sur la cartographie des usages. Merci également aux contributeurs des données ouvertes IGN, Agence Bio et Eaufrance, qui rendent ce genre de croisement possible.