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Dossier · L’étude

Riverains de vignes : ce que montre l’étude PestiRiv

PestiRiv est la première étude nationale à mesurer l’exposition aux pesticides des personnes vivant près des vignes. Ses résultats, publiés en 2025 par Santé publique France et l’Anses, confirment une surexposition — sans pour autant établir, à eux seuls, un effet sur la santé de chacun.

Vérifié et mis à jour le 10 juin 20266 min de lectureLa rédaction de Mitoyens

Réponse courte

Les riverains de vignes sont-ils plus exposés aux pesticides ?

Oui. L’étude PestiRiv (Santé publique France et Anses, menée en 2021-2022, publiée en 2025) a comparé des personnes vivant à moins de 500 m de vignes à d’autres éloignées de toute culture : les riverains de vignes sont plus exposés, adultes comme enfants, dans l’air, les poussières, l’urine et les cheveux. Les deux facteurs déterminants sont la quantité de produits épandus et la proximité, l’exposition culminant en période de traitement. 12

Faire circuler

I · L’étude

La première mesure nationale d’ampleur

Conduite en 2021-2022 par Santé publique France et l’Anses, PestiRiv a porté sur 265 zones réparties dans six régions viticoles. Elle a inclus 1 946 adultes et 742 enfants, et comparé les riverains vivant à moins de 500 m de vignes à des personnes habitant à plus de 1 000 m de toute culture. 1

Ce qui a été mesuré

56 substances
Recherchées dans l’air extérieur, l’air et les poussières à l’intérieur des logements, l’urine et les cheveux des participants.
Deux saisons
Les prélèvements ont couvert la période de traitement des vignes et une période hors traitement, pour mesurer l’effet du calendrier.
L’alimentation aussi
Les fruits et légumes des potagers des zones viticoles ont été analysés : une partie de l’exposition passe par l’alimentation produite sur place.

II · Les résultats

Ce que l’étude montre

Les riverains de vignes présentent une contamination significativement plus élevée que les personnes éloignées des cultures — et cela vaut pour les adultes comme pour les enfants, dans toutes les matrices analysées. L’exposition est par ailleurs plus importante en période de traitement. 1

Parmi les substances retrouvées figurent des produits propres à la vigne et des produits à usages multiples : folpet, mancozèbe, glyphosate, cuivre. Le cuivre rappelle que la viticulture biologique, qui l’emploie, n’est pas exempte de traitements. 2

III · Les facteurs

Quantité épandue et proximité

PestiRiv identifie deux déterminants principaux : la quantité de produits utilisés sur le territoire et la proximité des habitations avec les vignes. Autrement dit, l’exposition n’est pas une fatalité géographique figée : elle dépend aussi des pratiques agricoles locales. 1

IV · La nuance

Ce que PestiRiv ne dit pas

PestiRiv mesure une exposition, pas une maladie. Être plus exposé n’équivaut pas à tomber malade : l’étude ne suit pas l’état de santé des participants. C’est l’expertise collective de l’Inserm (2021) qui documente, à partir de la littérature internationale, des présomptions de lien entre pesticides et certaines pathologies — mais le passage de l’exposition à l’effet, à l’échelle d’une personne, reste non établi. 3

V · Les suites

Ce que recommandent les agences

Santé publique France et l’Anses recommandent de réduire le recours aux produits phytopharmaceutiques au strict nécessaire et de mettre en œuvre la stratégie Ecophyto 2030 de façon ambitieuse. Elles soulignent que la prévention ne peut pas reposer uniquement sur des gestes individuels des riverains. 2

Si vous habitez en zone viticole, la fiche de votre commune indique la part de vignes, les parcelles à moins d’un kilomètre et le profil d’achats du territoire. Pour les distances applicables, voir le dossier sur les ZNT.